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Guide technique

Les micropieux : guide complet(types, mise en œuvre et reprise en sous-œuvre)

Un sous-sol trop exigu pour une foreuse classique ? Une maison qui bouge et qu'il faut stabiliser ? Un terrain hétérogène en site urbain dense ? Le micropieu est souvent la réponse. Petit par le diamètre, redoutablement polyvalent par ses usages. Ce guide fait le tour de la technique.

Mis à jour : Juillet 2026
Temps de lecture : 10 min

Qu'est-ce qu'un micropieu ?

Le micropieu est un pieu foré de petit diamètre, scellé au coulis de ciment. La norme d'exécution européenne NF EN 14199 le définit comme un pieu foré exécuté avec un outil de diamètre inférieur à 300 mm (les documents français, historiquement, retenaient 250 mm).

Sa particularité : il travaille essentiellement par frottement latéral avec le terrain, et non par appui en pointe comme un gros pieu. Le forage est équipé d'une armature — barre ou tube d'acier — puis rempli de coulis de ciment fortement dosé.

L'atout décisif : l'accessibilité

La machine qui réalise un micropieu est compacte. Elle passe là où une foreuse de gros pieu resterait bloquée : dans une cave, un sous-sol, contre un mur mitoyen, sur une parcelle exiguë en centre-ville.

Autre avantage : le micropieu reprend aussi bien des efforts de compression que de traction, ce qui élargit considérablement son champ d'emploi.

Les 4 types de micropieux

La classification française distingue quatre types, selon la façon dont le coulis est mis en place :

I

Type I

Foré tubé, rempli de mortier

Technique ancienne, quasiment plus utilisée en France

II

Type II

Foré, scellé au coulis par gravité (tube plongeur)

Charges modérées, reprise en sous-œuvre courante

III

Type III

Foré, scellé par injection globale sous pression (IGU)

Portance renforcée

IV

Type IV

Foré, scellé par injection répétitive et sélective (IRS)

Fortes charges, terrains exigeants

Le principe à retenir

Plus on injecte sous pression (types III et IV), plus le coulis est plaqué contre le terrain, et plus le frottement latéral — donc la portance — augmente. Les types II sont plus simples et suffisent pour des charges modérées, ce qui en fait la solution la plus fréquente en reprise de maison individuelle.

Les étapes de mise en œuvre

1

Le forage

Réalisé avec une machine compacte, à travers tous types de terrains (remblais, sols lâches, blocs, substratum rocheux). Diamètre inférieur à 300 mm.

2

Mise en place de l'armature

Barre pleine ou tube d'acier, éventuellement équipé de manchettes pour l'injection (types III et IV).

3

Scellement au coulis de ciment

Par gravité via tube plongeur (type II), ou par injection sous pression (types III et IV).

4

Recépage et liaison

Les micropieux sont raccordés à l'ouvrage, souvent par des longrines ou des massifs de reprise.

Cadre normatif

L'exécution relève de la norme NF EN 14199, complétée en France par le NF DTU 13.2 (révisé en 2020) pour les fondations profondes. Le dimensionnement suit la norme NF P 94-262, application française de l'Eurocode 7.

L'application phare : la reprise en sous-œuvre

C'est l'usage emblématique du micropieu. Quand une maison fissure parce que ses fondations bougent — souvent à cause du retrait-gonflement des argiles après une sécheresse — les micropieux permettent de reprendre les charges du bâtiment et de les reporter vers une couche de sol stable en profondeur.

Concrètement : des micropieux sont forés au droit des semelles existantes, vont chercher un horizon porteur (typiquement entre 5 et 15 mètres selon la géologie), et sont reliés par des longrines qui reprennent le bâtiment.

Point essentiel

Une reprise en sous-œuvre ne s'improvise pas. Elle doit être précédée d'un diagnostic géotechnique (mission G5) qui identifie la cause réelle des désordres et dimensionne la solution. Reprendre un bâtiment sans avoir compris pourquoi il bouge, c'est traiter le symptôme et non la cause.

Les autres usages du micropieu

Fondations d'ouvrages neufs

Sur sites contraints ou sols hétérogènes

Reprise en sous-œuvre

De bâtiments existants (cas le plus fréquent)

Ancrages en traction

Reprend aussi les efforts d'arrachement

Stabilisation de talus

Et de glissements de terrain

Fondations en site urbain dense

À proximité immédiate de mitoyens

Ouvrages d'art

Et renforcement d'infrastructures existantes

Micropieu ou pieu classique : comment choisir ?

CritèreMicropieuPieu classique
Diamètre< 300 mm300 à 1200 mm et plus
FonctionnementFrottement latéralPointe + frottement
MachineCompacte, passe partoutGrosse foreuse, accès nécessaire
ChargesModérées à fortes (selon type)Très fortes
Terrain d'électionSites exigus, sous-œuvre, terrains difficilesTerrains dégagés, ouvrages lourds

Le choix se fait toujours sur la base de l'étude géotechnique (mission G2), qui caractérise le sol et détermine la solution adaptée.

Questions fréquentes

Réaliser des micropieux : matériel et contrôle

Un chantier de micropieux mobilise une foreuse compacte, un atelier d'injection (centrale à coulis, pompe) et une instrumentation de contrôle. L'enregistrement des paramètres de forage et d'injection(pression, volume de coulis, profondeur) constitue la preuve de bonne exécution de chaque micropieu — un ouvrage enterré, donc invisible une fois terminé.

Un projet de micropieux ?

GEOTS met en relation les acteurs de la géotechnique et des fondations spéciales : entreprises de micropieux et de reprise en sous-œuvre, bureaux d'études, loueurs de matériel de forage et d'instrumentation. Un projet à cadrer, du matériel à trouver ou un prestataire à identifier ?

Ce guide est fourni à titre informatif. La conception et la réalisation de micropieux doivent s'appuyer sur une étude géotechnique et l'intervention d'un bureau d'études et d'une entreprise qualifiés.